Un récit court et documenté pour éclairer une mutation technologique, scientifique, industrielle, commerciale, sociale ou artistique venant de Chine.

Moutai ou la vie en rose



Le taux de croissance du pays serait cette année de 6,2 %. Soit le plus bas depuis 27 ans. Les Chinois penseront que leur PIB résiste, malgré les incertitudes des marchés et la guerre économique sans fin. Le reste du monde aura tendance à penser qu’il s’effondre. De ce côté rien de nouveau sous le soleil.  Apparemment rien de très nouveau non plus du côté de la liste Fortune China des 500 premières entreprises cotées. Les stars du classement, les deux entreprises pétrolières et gazières Sinopec présidée par Ma Yongsheng et CNPC dirigée par Zhou Jiping, gardent leurs rangs. Suivent China State Construction Engineering Corporation et l’assureur Ping An. Mais sous le poids écrasant et en apparence immuable de ces mastodontes, s’annoncent des bouleversements nouveaux pleins de promesses ou de menaces.  Le capitalisme chinois a définitivement déplacé son centre de gravité vers la technologie et la révolution digitale : Tencent gagne dix places dans le Top 500 pour passer 33 ème, deux places devant Alibaba. Ces deux géants de la technologie font désormais partie des 10 entreprises les plus rentables du pays dont le groupe de tête compte quatre grandes banques, soit dans l’ordre décroissant ICBC, China Construction Bank, Agricultural Bank of China et Bank of China. Et les deux géants de la technologie, même s’ils ne représentent que 2 % des revenus générés par les 500 plus grandes entreprises cotées voient désormais leur valeur boursière passer à  23,7 % du total.  Le capitalisme d’Etat chinois est plus puissant que performant : le chiffre d’affaires du top 500 atteint 45 500 milliards de yuans soit 6630 milliards de dollars ( + 14, 8 % ) mais le bénéfice total des 500 entreprises cotées n’a augmenté que de 4 % pour atteindre 3600 milliards de yuans. Pour mémoire les entreprises françaises du CAC 40 ont généré l’an dernier 88 milliards d’euros de bénéfices pour un chiffre d’affaires de 1343 milliards d’euros.  Le capitalisme d’Etat concentre sa rentabilité sur une toute petite poignée d’entreprises : 40 % des bénéfices du total des 500 entreprises ( soit 1460 milliards de yuans ) sont générés par 10 entreprises avec en leader absolu, Moutai Co.Ltd et son taux de profit de 45,6 %.  Le capitalisme chinois, même s’il se veut écologiquement et durablement vertueux, mettra du temps à convertir ses deux géants publics Sinopec et CNPC à l’économie décarbonée. Trop de temps ?     Pendant ce temps, à Shanghai exactement, la comédie musicale La vie en rose, qui retrace la vie d’Edith Piaf, inaugure sa première grande tournée chinoise. Un bon augure pour l’avenir du capitalisme d’Etat chinois ? 



- ST21 -

31 Avenue de Ségur 75007 Paris France

01 74 64 79 37

contact@sinocle.info

Mentions Légales 

本网站部分图片来自网络,请图片版权拥有者与我们联系。 

©SINOCLE  Tous droits réservés 2020

  • 白色的Twitter圖標
  • 白色的Facebook圖標
  • 白LinkedIn圖標
  • 白色的Instagram圖標